Posted 01 April 2012 - 10:53 AM
After reading the French, German and Flemish sources I found the letter to the mayor which yet has to be answered. It also states the ownership of the monument. In the mid-portion of the letter all the French, German and a Canadian historian/s and universities who support the letter are mentioned.
The monument uniquely is built with armoured concrete and thus repairable at good will. Other than that please take from the French sources or google it. This website does not allow the attachment of docx-files , so I will add the public letter to the city council of Sedan here:
Lettre adressée au maire de Sedan
Monsieur le Maire,
Historiens et chercheurs, spécialistes de la Grande Guerre nous avons appris que la ville avait décidé de détruire le monument allemand 14-18 du cimetičre Saint-Charles avec laccord des associations patriotiques pour construire un ossuaire français. Nous nous permettons de vous écrire pour vous faire part de notre indignation et vous demander de reconsidérer cette décision afin de préserver un lieu de mémoire trčs significatif de la Grande Guerre. Cette décision nous paraît peu justifiable pour plusieurs raisons
- Dabord larchitecture du monument et le témoignage quil porte sur cette période de lhistoire sont ŕ la fois riches et originaux. Son ampleur permet aussi den faire un témoin visible et aménageable dans une intention pédagogique.
- Enfin ŕ lheure de la Ť mémoire partagée ť, ŕ lapproche du centenaire de la Grande Guerre qui sera ŕ lévidence franco-allemand, européen et international, on ne peut concevoir que les autorités françaises détruisent un patrimoine allemand si important au lieu de veiller ŕ sa préservation.
- Une telle politique de préservation se justifie dautant plus que cette période suscite des interrogations et un intéręt certain dans un trčs large public, comme en témoignent les innombrables activités de mémoire autour de la Grande Guerre.
Avec tous nos remerciements pour lintéręt que vous voudrez bien pręter ŕ notre requęte, nous vous prions dagréer, Monsieur le Maire, lassurance de notre respectueuse considération
Vincent Auzas, doctorant ŕ lInstitut dhistoire du Temps Présent, Sylvette Boyer, Professeure au Lycée de Nouméa, Philippe Boulenger, Professeur ŕ lUniversité de Cergy-Pontoise, Rémy Cazals, Professeur ŕ lUniversité de Toulouse, Yohann Chanoir, Professeur au Lycée de Reims, Nicolas Charles, Professeur au collčge de Monthermé, Christian Chevandier, Professeur ŕ lUniversité du Havre, Rémi Dalisson, Professeur ŕ lUniversité de Rouen, Mourad Djebabla-Brun Professeur adjoint au Collčge militaire royal du Canada (Kingston, Canada), Irene Guerrini, Chercheuse ŕ Gęnes (Italie), Benjamin Gilles, Conservateur ŕ la Bibliothčque de Documentation Internationale Contemporaine, Thierry Hardier, Professeur au collčge de Noyon, Charles Heimberg, Professeur ŕ lUniversité de Genčve (Suisse), Anne Hertzog, Maîtresse de conférences ŕ lUniversité de Cergy-Pontoise, Elise Julien, Maîtresse de conférence ŕ lInstitut dEtudes Politiques de Lille, Gerd Krumeich, Professeur ŕ lUniversité de Düssledorf, Alexandre Lafon, Professeur au Lycée dAgen, Michel Litalien, Directeur, Réseau des musées des Forces canadiennes, Marie Llosa, doctorante ŕ lUniversité de Toulouse II, André Loez, Professeur de lettres supérieures, Paris, Nicolas Mariot, Chercheur au CNRS, Valériane Milloz, doctorante ŕ lUniversité de Paris I, Julien Mary, doctorant ŕ lUniversité de Montpellier, Philippe Nivet, Professeur ŕ lUniversité dAmiens, Nicolas Offenstadt, Maitre de conférences ŕ lUniversité de Paris I, Philippe Olivera, Professeur au Lycée de Marseille, Jean-Paul Pellegrinetti, Maître de conférences ŕ lUniversité de Nice, Stéfanie Prezioso, Professeure ŕ lUniversité de Lausanne (Suisse), Antoine Prost, Professeur ŕ lUniversité de Paris I, Marco Pluviano, Chercheur ŕ Gęnes (Italie), Yann Prouillet, Société philomatique vosgienne, Jean-Louis Robert, Professeur ŕ lUniversité de Paris I, Denis Rolland, Société historique de Soissons, Frédéric Rousseau, Professeur ŕ lUniversité de Montpellier, Arndt Weinrich, Chercheur ŕ lInstitut historique allemand, Paris
Monument commémoratif allemand du cimetičre Saint-Charles de Sedan.
Cest au cimetičre Saint-Charles que se dresse le plus important monument commémoratif érigé par les Allemands dans les Ardennes durant la Premičre Guerre mondiale. Aujourdhui, il est également lun des plus imposants de tous ceux réalisés par les troupes de Guillaume II dans les territoires français passés sous leur domination entre 1914 et 1918.
Les Allemands décident dčs septembre 1914 de créer un carré militaire dans le cimetičre municipal de Sedan pour enterrer leurs soldats morts dans le secteur. Sur le mur du fond, les Allemands ont fait graver sur des plaques de marbre le nom des soldats morts. Au centre du mur est créée une croix en or entourée de deux couronnes vertes. Celle-ci nexiste plus, tout comme le mur du fond. Les plaques se trouvant tout autour du monument, oů étaient aussi inscrits des noms de soldats morts ne se trouvent plus sur place, seuls leurs emplacements sont encore présents.
A partir de 1915, les occupants décident de sacraliser cet espace en construisant un grand monument destiné ŕ rendre hommage aux troupes tombées au champ dhonneur. Lony, professeur ŕ lécole darchitecture de Trčves, et officier délégué, fit les plans de cet édifice. La construction sétale de juin ŕ octobre 1915, elle est réalisée par des soldats dune division sanitaire stationnée ŕ Sedan. Pour les matériaux, le choix de larchitecte se porte sur le fer et le béton, matériaux novateurs pour ce genre dédifice : cest un des premiers monuments réalisés en béton armé.
Larchitecte fait construire un mur pour délimiter le carré Allemand du reste du cimetičre. Il décide dutiliser la pente en construisant deux terrasses. Au centre, il place un monument important : 9,3 mčtres de long et 5, 35 mčtres de large. Lédifice a des allures de monuments antiques avec ses quatre colonnes doriques. Celui-ci semble ętre une porte dentrée vers le ciel, selon les souhaits de son concepteur. Sur chaque côté est ménagée une entrée. Les deux piliers principaux aux angles de la façade sont couronnés par des fruits stylisés. La façade principale porte une inscription de quatre lignes, texte poétique de Joseph von Lauff :
Kämpfend für Kaiser und Reich, nahm Gott uns die irdische Sonne ;
Jetzt vom Irdischen frei, strahlt uns sein ewiges Licht.
Heilig die Stätte, die ihr durch blutige Opfer geweiht habt!
Dreimal heilig für uns durch das Opfer des Danks.
Combattant pour lEmpereur et pour lEmpire, Dieu nous a pris le soleil terrestre.
Maintenant, libérés de toutes choses terrestres, sa lumičre éternelle nous illumine.
Sacrée soit cette place, que vous avez consacrée par des victimes sanglantes.
Trois fois sacrée pour nous par le sacrifice du remerciement.
Ŕ lintérieur, sur le plafond, trois couronnes végétales entourent deux croix de fer. Au centre, lordre Ť pour le mérite ť est représenté.
Son implantation ŕ Sedan nest sans doute pas le fruit du hasard. Cest une des villes importantes de larričre front oů sont cantonnés un grand nombre de soldats au repos ou en convalescence. La ville abrite aussi un important camp de prisonniers (lun des plus importants du front occidental) dans le château fort. Mais Sedan est surtout pour les troupes impériales un lieu fondateur de leur nation. Cest lŕ que le 2 septembre 1870 Napoléon III signe la capitulation de son armée face aux troupes de Guillaume Ier. Quelques mois plus tard, le grand-pčre de Guillaume II fonde ŕ Versailles le IIčme Reich allemand.
Le monument est aujourdhui isolé au milieu du cimetičre civil puisque toutes les sépultures allemandes ont été enlevées et déplacées vers plusieurs cimetičres militaires germaniques des Ardennes (notamment celui de Noyer-Pont-Maugis qui se trouve ŕ quelques kilomčtres). Il est lun des derniers témoignages dans le département des Ardennes des nombreux monuments commémoratifs quavaient construit les Allemands.
Nicolas CHARLES